
« Pourtant, je me repose… alors pourquoi est-ce que je me sens toujours aussi fatiguée ? »
C’est une question que j’entends régulièrement en séance.
Certaines femmes ont pourtant déjà commencé à ralentir. Elles travaillent moins, prennent quelques jours de vacances, dorment davantage ou essaient simplement de lever le pied. Elles ont parfois même l’impression de faire tout ce qu’il faut pour récupérer.
Et malgré cela, quelque chose ne revient pas vraiment.
L’énergie reste fragile, le sommeil ne semble pas aussi réparateur qu’espéré et le cerveau continue à fonctionner à plein régime. Comme si la vie extérieure avait ralenti, mais que l’espace intérieur, lui, n’avait pas encore reçu le message.
On imagine souvent que récupérer consiste simplement à faire moins. Pourtant, lorsque l’on a longtemps fonctionné dans l’urgence, l’adaptation ou la mobilisation permanente, ralentir ne suffit pas toujours.
Parce que se reposer et récupérer ne sont pas exactement la même chose.
Se reposer ne signifie pas forcément récupérer
Se reposer consiste généralement à réduire son activité. On arrête de travailler, on dort davantage, on s’allonge, on prend du temps pour soi. Et bien sûr, ces temps de repos sont indispensables.
La récupération suppose cependant autre chose. Pour que le corps puisse réellement restaurer ses ressources, il faut progressivement retrouver un fonctionnement qui lui permette de relâcher certaines tensions, de retrouver un sommeil plus réparateur et de reconstituer son énergie.
Or, il arrive que l’on ait objectivement moins à faire sans pour autant se sentir réellement en récupération.
Vous pouvez passer une journée sans travailler et avoir pourtant l’impression que votre cerveau reste constamment sollicité. Vous pouvez partir en vacances tout en pensant déjà à ce qu’il faudra faire en rentrant. Vous pouvez vous coucher tôt sans parvenir à vraiment décrocher.
Ce décalage est important, car il montre que notre niveau d’activité extérieur ne reflète pas toujours notre manière de fonctionner intérieurement.
Pour comprendre pourquoi, il faut parfois regarder non seulement ce que nous faisons, mais aussi la façon dont nous avons appris à fonctionner au quotidien.
Quand l’action devient un mode de fonctionnement
Certaines périodes de vie demandent beaucoup. Il faut gérer, anticiper, répondre, prendre des décisions et s’adapter aux imprévus. Pendant un temps, le corps suit. Il mobilise les ressources nécessaires et nous permet de continuer malgré la fatigue.
Cette capacité d’adaptation est précieuse. Elle nous aide à traverser les périodes difficiles et à assumer nos responsabilités lorsque les circonstances l’exigent.
Mais lorsque ce fonctionnement se prolonge, il peut progressivement devenir une habitude.
On anticipe avant même qu’un problème apparaisse. On pense à plusieurs choses en même temps. On garde une partie de son attention disponible pour les autres. Même lorsque rien d’urgent ne se passe, on reste déjà tournée vers ce qu’il faudra faire ensuite.
De l’extérieur, cela peut simplement ressembler à une personne organisée, fiable et efficace. Pourtant, lorsque l’on a longtemps vécu dans l’action et l’adaptation, la vie peut ralentir plus vite que nos habitudes de fonctionnement.
C’est parfois ce qui explique cette sensation étrange :
« Je n’ai pourtant plus autant de choses à gérer… mais je n’arrive pas à me sentir vraiment reposée. »
Le problème n’est alors pas forcément que vous en faites encore trop. Il peut aussi être que votre manière de fonctionner reste adaptée à une période où il fallait constamment faire face.
Quand même la récupération devient une performance

C’est là qu’un autre piège peut apparaître.
Lorsqu’une femme prend conscience qu’elle est fatiguée, elle cherche naturellement des solutions. Elle va essayer de mieux dormir, de manger plus sainement, de marcher davantage, de méditer, de respirer ou de prendre certains compléments.
Toutes ces démarches peuvent avoir leur intérêt. Pourtant, elles peuvent aussi, lorsqu’elles s’accumulent, transformer la récupération en une nouvelle tâche à accomplir.
Il faut désormais bien dormir, avoir une alimentation parfaite, faire suffisamment d’activité physique, prendre soin de son système nerveux et réussir à mieux gérer son stress.
Autrement dit, on continue parfois à fonctionner dans une logique de contrôle et de performance pour essayer de sortir de cette même logique.
Certaines femmes culpabilisent ainsi lorsqu’elles ne font rien. Elles ont une journée libre, mais cherchent comment l’utiliser. Elles se reposent, mais se demandent si elles ne devraient pas plutôt marcher. Elles prennent du temps pour elles, mais veulent que ce temps soit utile.
Le repos lui-même finit alors par devenir quelque chose à réussir.
Et c’est peut-être là qu’une autre question devient intéressante : que se passe-t-il lorsque nous n’avons plus besoin de faire quelque chose de notre temps ?
Pourquoi il peut être difficile de simplement ralentir
Lorsque l’on a pris l’habitude d’être dans l’action, le calme peut devenir inhabituel. Ce n’est pas nécessairement que l’on aime être stressée ou que l’on refuse consciemment de se reposer. Il peut simplement être difficile de passer rapidement d’un fonctionnement où il faut anticiper, décider et répondre à un fonctionnement où l’on peut laisser les choses en suspens.
Vous avez enfin une journée libre, mais vous pensez à tout ce que vous pourriez en profiter pour faire. Vous partez quelques jours, mais vous continuez à organiser la suite. Vous vous allongez pour vous reposer, mais votre esprit revient sans cesse à ce qui reste à gérer.
Peu à peu, cette disponibilité permanente peut devenir tellement familière qu’elle passe presque inaperçue.
C’est aussi pour cette raison que certaines personnes ressentent une forme d’inconfort lorsqu’elles ne font rien. Elles ne sont pas nécessairement incapables de se reposer. Elles ont simplement perdu l’habitude de laisser leur attention se poser quelque part sans qu’un objectif soit immédiatement associé à ce moment.
Or, le relâchement ne fonctionne pas toujours sur commande. Plus on se répète qu’il faut absolument se détendre ou récupérer, plus cette attente peut paradoxalement devenir une nouvelle source de pression.
Faire moins, mais surtout fonctionner autrement
C’est pourquoi ralentir ne consiste pas uniquement à supprimer des activités dans son agenda.
Il peut aussi s’agir de retrouver progressivement une manière différente d’habiter son quotidien : laisser certaines choses attendre, ne pas remplir chaque espace disponible, faire une promenade sans objectif particulier, manger sans faire autre chose en même temps ou simplement accepter de ne pas être productive pendant un moment.
Ces choses paraissent simples. Pourtant, pour une personne habituée à anticiper, organiser et répondre en permanence, elles peuvent demander un véritable apprentissage.
Car il ne s’agit pas seulement de faire moins. Il s’agit progressivement de ne plus avoir besoin de fonctionner en permanence dans l’action.
Et cela ne se fait pas forcément en quelques jours de vacances. Lorsque le corps a longtemps été habitué à un rythme soutenu, quelques jours de repos peuvent faire du bien sans pour autant suffire à modifier une manière de fonctionner devenue familière.
La récupération se construit alors davantage dans la durée, à travers des espaces où l’on n’a rien à produire, rien à optimiser et rien à rattraper.
Cela peut sembler peu spectaculaire. Pourtant, c’est justement cette absence d’objectif qui peut permettre de retrouver progressivement une autre relation au temps, à l’activité et à ses propres besoins.
Et si récupérer n’était pas une nouvelle chose à réussir ?

Lorsque la fatigue s’installe, il est naturel de chercher une solution. On veut comprendre, corriger, optimiser et retrouver rapidement l’énergie d’avant.
Mais parfois, cette volonté de récupérer entretient malgré elle le même fonctionnement qui a contribué à l’épuisement : toujours chercher, toujours améliorer, toujours faire un peu plus.
Alors peut-être qu’une autre question mérite d’être posée.
Non plus :
« Que dois-je encore faire pour retrouver mon énergie ? »
Mais :
« Qu’est-ce qui, dans ma manière de fonctionner, ne me permet plus réellement de récupérer ? »
Cette question ne donne pas immédiatement une solution. Elle permet cependant de changer de regard.
Car la récupération n’est pas forcément quelque chose que l’on obtient en ajoutant de nouvelles habitudes à son quotidien. Elle peut aussi commencer lorsque l’on comprend ce qui nous maintient dans un fonctionnement trop coûteux et que l’on apprend progressivement à faire autrement.
Parfois, le corps n’a pas besoin que nous en fassions davantage pour récupérer. Il a simplement besoin que nous lui redonnions suffisamment d’espace pour le faire.
Si vous avez envie d’aller plus loin dans cette réflexion et de comprendre ce qui, dans votre propre fonctionnement, peut entretenir la fatigue ou empêcher une récupération véritable, je vous invite à découvrir les différentes façons dont je peux vous accompagner.

Si cette lecture résonne, vous trouverez ci-dessous d’autres ressources pour continuer à explorer ces thématiques en douceur.
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